INTERVIEW

INTERVIEW ÉCRITE POUR LA RSI

12 novembre 2020

Questions soumises par:

Nicola Agostinetti (journaliste RSI)

Réponses par:

David Notario (membre MSLC)

Question: – Quel est le but de votre association ?
Réponse: – Vous trouverez toutes les réponses sur le site officiel du MSLC sur mslc.ch

Q: – Que représente le masque pour vous ?
R: – Une protection très efficace pour les diverses activités humaines, que ce soit dans le domaine artisanal, industriel, la construction ou le médical et scientifique. Le bon choix du type de masque pour l’activité exercée déterminera l’efficacité de celui-ci. Les conditions
environnementales et la dangerosité du lieu/milieu d’activité sont celles qui doivent impérativement définir l’utilité ou pas d’un port de masque.

Q: – Que pensez-vous de l’obligation de porter le masque comme mesure pour contrer la diffusion du COVID-19 ?
R: – Ce que nous pensons ou l’opinion de qui que ce soit n’a aucune importance à mon sens. La question fondamentale serait plutôt de savoir ce que nous disent les chiffres et les études scientifiques sérieuses à ce sujet. Il n’existe malheureusement aucun consensus
scientifique à ce jour concernant cette question.

L’argument de précaution utilisé pour justifier l’obligation de port du masque pourrait tout aussi bien être utilisé dans le sens opposé.

Toute affirmation actuelle allant dans un sens comme dans l’autre (pro ou contre) et faisant l’objet de “certitudes” dans l’énoncé, est automatiquement disqualifiée de par le manque de sources fiables et établies sans contestation par l’ensemble de la communauté scientifique.

Q: – Vous estimez que l’obligation de porter le masque (dans les écoles secondaires) est disproportionnée?
R: – Pour être précis (et la situation l’exige) nous n’estimons absolument rien du tout. Le faire, reviendrait à violer notre charte éthique publiée sur mslc.ch

Nous pointons néanmoins l’attention des citoyens sur les résultats d’une grande quantité d’études médicales/scientifiques qui laissent voir ou prouvent les dangers que peuvent représenter des masques inadéquats portés dans des conditions inadaptées.

Q: – Quelles mesures jugez-vous donc nécessaires pour lutter contre la pandémie de COVID 19 ?
R: – Ce n’est pas à nous les citoyens non issus du milieu médical ou scientifique de juger des mesures nécessaires pour lutter contre les pandémies.

Il existe des protocoles existants depuis de nombreuses années pour chaque pays (y compris la Suisse) qui définissent très précisément toutes les marches à suivre ou mesures à appliquer pour faire face à toute sorte de situation sanitaire.

Nous constatons que ces protocoles n’ont pas été suivis comme il était prévu depuis fort longtemps. Il est légitime, suite à ce constat, de se demander pourquoi est-ce que les autorités sanitaires de la Suisse n’ont pas appliqué le règlement en vigueur prévu avant la crise annoncée en février 2020.

Q: – Le masque a quelques effets secondaires, mais il n’est pas nocif pour la santé. Pourquoi se battre donc contre son usage ?
R: – La question est clairement orientée. Vous partez du principe que l’affirmation ou certitude que vous avancez est correcte et incontestable. (…mais il n’est pas nocif pour la santé.)

Avez-vous pris le temps de vérifier cette affirmation? Si ce n’est pas le cas, ou que la recherche n’a pas été exhaustive, nous vous invitons à consulter toutes les sources d’études scientifiques qui figurent à la fin de la pétition que nous avons mis en ligne concernant ce sujet. (lien sur le site mslc.ch)

Vous y découvrirez que votre affirmation ne peut malheureusement pas être retenue comme scientifiquement valable. Deuxièmement, vous découvrirez également que nous ne nous battons pas contre l’usage du masque quand les circonstances le justifient.

Q: – Comment évaluez-vous la gestion de la pandémie par les autorités suisses, fédérales et cantonales ?

R: – L’évaluation de la gestion de la pandémie annoncée ne devrait pas être faite par un petit groupe de personnes de quelque collectif que ce soit. C’est une responsabilité qui incombe à l’ensemble de la population d’un pays déterminé.

Nous pouvons toutefois fournir quelques éléments factuels pour aider tous les citoyens à faire une évaluation honnête, rationnelle, pragmatique et dépassionnée:
 

  1. Suite à l’annonce de pandémie en février 2020, la Suisse a débloqué un budget de 80 milliards destinés à faire face à celle-ci.
     

  2. Sur ces 80 milliards, combien ont été alloués au milieu sanitaire, aux hôpitaux, à l’engagement et la formation de personnel médical supplémentaire, structures complémentaires ou nouveaux locaux de secours pour décharger les hôpitaux qui réclament cela depuis plus de 10 ans?
     

  3. Chaque hiver, depuis des années, les hôpitaux se retrouvent en condition de saturation avérée et déclarée. Pourquoi cette année, en 8 mois, rien n’a été fait pour changer cette situation, alors que le risque d’une “deuxième vague” à été répété en boucle pendant pratiquement toute cette durée?
     

  4. Si quelque chose a été concrètement entrepris, les résultats observables aujourd’hui montrent que cela n’a pas été efficace. La Chine, que je ne considère pas pour autant un exemple à suivre, a été capable de sortir de terre en 10 jours seulement un hôpital de secours pour faire face à une situation sanitaire qu’ils ont jugé exceptionnelle. Sans essayer pour autant de reproduire cette prouesse, n’aurait-il pas été possible de multiplier par trois ou quatre le nombre de lits de soins intensifs et réanimation ainsi que le personnel dédié à ceux-ci, passant de 1’000 environ à 3’000-4’000 de façon permanente? Cela n’aurait-il pas permis d’éviter la surcharge hospitalière annoncée aujourd’hui? Cela n’aurait-il pas permis une prise en charge efficace des patients, diminuant ainsi l’incidence de mortalité chez les personnes fragiles ou à risque? Cela aurait-il couté plus que les 80 milliards débloqués jusqu’ici?
     

C’est sur la base de ces quelques éléments exposés que l’ensemble des citoyens ont la responsabilité d’évaluer la gestion des autorités suisses, fédérales et cantonales, sur le sujet de la pandémie déclarée. Il y aurait bien d’autres éléments à exposer, la liste ci-dessus est très loin d’être exhaustive.

Q: – A votre avis, qu’est-ce qui se cache derrière les mauvaises décisions politiques? Des intérêts économiques, des visions politiques ou sanitaires erronées, autres choses ?
R: – C’est un sujet extrêmement controversé aujourd’hui. De mon point de vue, quand on découvre-constate-observe qu’un missile est sur le point de nous arriver dessus, se poser des questions sur:

  • l’identité de celui qui a appuyé sur le bouton de lancement,

  • le nom-parti-mouvance etc de l’entité commanditaire,

  • les intentions cachées ou pas de l’individu hypothétique ou supposé,

  • les éventuels intérêts économiques sous-jacents de X ou Y,

n’ont aucune importance face à l’urgence de pouvoir dévier le missile ou de pouvoir esquiver celui-ci.

Je pense que la chose primordiale à faire en ce moment est d’identifier rationnellement la situation, accepter la réalité, prendre position de manière dépassionnée et finalement agir concrètement, efficacement, sans oublier constructivement.

Q: – Quelle était donc d’après-vous la bonne stratégie à adopter pour lutter contre le COVID-19?
R: – Voir réponse plus haut déjà développée.

Q: – En Suisse, on constate un ralentissement de l’infection ces derniers jours. La stratégie de la Confédération et des cantons semble fonctionner. Qu’en pensez-vous ?
R: – J’apprécie grandement l’utilisation des termes “semble fonctionner” car nous nous écartons ainsi d’une affirmation ou certitude incontestable. A titre personnel je ne peux que recommander à tout un chacun d’approfondir la recherche sur la réalité de cette apparente
relation entre la stratégie adoptée et le ralentissement observable des infections. A noter, qu’un chiffre bien plus évocateur, plus fiable et plus précis, serait celui du taux de mortalité. En effet, celui-ci ne peut être qu’incontestable.

Q: – Qu’en pensez-vous ?
R: – De nouveau, ce que j’en pense ne devrait avoir aucune importance ni poids sur la balance.

 

A l’inverse, il est intéressant de constater, chiffres officiels de l’OMS à l’appui, que le pays qui a appliqué les confinements-déconfinements les plus stricts et longs en durée, dans beaucoup d’agglomérations importantes (Argentine), est très loin d’obtenir les résultats que l’on pourrait espérer d’après les conclusions que vous semblez faire. L’Argentine comptabilise à ce jour 765 décès par million d’habitants (Argentine 12nov 2020).
 

Sans aller aussi loin que l’Argentine, observons les chiffres officiels de l’OMS pour notre pays voisin la Belgique. Les mesures sanitaires appliquées chez eux ont été extrêmement sévères comparativement à la Suisse ou d’autres pays de la communauté européenne. Cela
se reflète-t-il dans des résultats bénéfiques observables aujourd’hui? La question est pertinente et légitime. Le score en termes de décès officiellement liés au COVID en Belgique s’élève à 1348 décès par million d’habitants (Belgique 12nov 2020).

Je vous invite à regarder de près un autre pays proche comme l’Italie. Un des premiers pays en Europe à avoir appliqué les mesures sanitaires strictes que vous semblez croire efficaces. L’Italie a persévéré dans sa politique sanitaire à appliquer jusqu’à ce jour. L’efficacité de toutes les mesures appliquées peut être évaluée en regardant de nouveau les chiffres publiés par l’OMS: 690 décès par million d’habitants (Italie 12nov 2020).
 

Continuons avec un autre pays européen comme l’Espagne. Pays qui a appliqué avec la Belgique et l’Italie les mesures sanitaires parmi les plus sévères de l’Europe. De nouveau l’efficacité de ces stratégies mesurées en chiffres nous donnent le résultat suivant: 817 décès par million d’habitants (Espagne 12nov 2020).
 

Regardons maintenant la France, pays limitrophe avec la Suisse. Elle n’a pas appliqué des mesures sanitaires aussi strictes que celles de la Belgique, l’Italie ou l’Espagne, tout en étant plus sévères que celles appliquées chez nous en Suisse. Malgré cela, quel constat
pouvons nous faire en regardant les chiffres publiés par l’OMS? Je vous laisse tirer vos propres conclusions face au résultat de 636 décès par million d’habitants (France 12nov 2020).

 

Il est fort affligeant qu’il n’y aie qu’un pays au monde pour pouvoir comparer deux mesures sanitaires opposées. Il aurait été utile de bénéficier d’un panel comparatif bien plus large. A défaut de mieux, prenons donc le seul échantillon disponible: la Suède. Les mesures
qu’elle a décidé d’appliquer dès le début de la déclaration de pandémie, lui ont valu des critiques unanimes de la part de l’ensemble de la classe politique internationale ainsi que de la presse mainstream. La quantité de décès prédits pour la Suède, résultant de son non-alignement aux mesures de la plupart des pays européens, fut de 70’000. Ce chiffre découlait des projections faites par l’Imperial College London. Tournons nous à nouveau vers les chiffres publiés par l’OMS pour comparer la réalité avec les projections: 6’164 décès totalisés au 12 novembre, soit, 613 décès par million d’habitants (Suède 12nov 2020).

 

Le constat est sans appel, les multiples projections ou modélisations utilisées jusqu’à ce jour pour déterminer les mesures sanitaires à appliquer se sont avérées inexactes avec un taux d’erreur de 1135% pour ce qui est de la Suède.
 

Le même type de projections que celles de Neil Fergusson ou l’Imperial College London ont amené récemment le président de la France à affirmer que 400’000 personnes allaient mourir en quelques mois seulement si un nouveau confinement n’était pas appliqué!

Devons nous laisser les autorités politiques et sanitaires continuer à imposer à l’ensemble des citoyens des mesures basées sur des projections ou modélisations qui se sont révélées jusqu’ici totalement erronées?
 

A ce stade, il n’est pas déraisonnable de se demander pourquoi la Suède n’a non seulement pas souffert des 70’000 morts COVID sur son territoire comme annoncé au départ…mais qu’en plus ils n’ont pas une moyenne de décès par million d’habitants plus élevée que les pays européens qui ont le plus confiné et masqué:
 

  • Moyenne pour Belgique-Espagne-Italie-France: 873 décès par million d’habitants

  • Suède 613 décès par million d’habitants
     

Q: – Que pensez-vous d’un éventuel deuxième lockdown ?:
R: – Je vous donne une citation d’Albert Einstein qui peut être transposée à la situation actuelle: “la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent“.

Devrions-nous croire, au vu des résultats, qu’un troisième-quatrième-cinquième…vingtième confinement donneraient des résultats différents de ce qu’on a pu observer jusqu’à présent?

David NOTARIO
membre du MSLC

*En aucun cas l’ensemble ou une partie des réponses ne saurait engager la position idéologique du MSLC. Les réponses données ci-dessus n’engagent QUE son auteur à titre individuel.

 ,Pour nous contacter ou soutenir notre action

vous pouvez nous écrire à info@mslc.ch

© MSLC 2021